Marquée par une forte instabilité et des affrontements récurrents entre les Forces armées maliennes (FAMa), soutenues par leurs partenaires russes de l'Africa Corps, et divers groupes armés rebelles ou djihadistes, la situation au Mali reste des plus alarmantes.

Depuis le début de 2026, les attaques et affrontements se sont multipliés non seulement dans le nord, mais aussi dans le centre, l’ouest et le sud du pays, touchant de plus en plus les alentours de la capitale Bamako. Ainsi, début mars dernier, la région de Kidal a été le théâtre de violents affrontements. Dans cette région stratégique du nord, le Jamāʿat nuṣrat al-islām wal-muslimīn (JNIM), le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, a mené une série d’attaques d’envergure visant à asphyxier les centres urbains, confirmant ainsi sa capacité de nuisance, malgré les offensives répétées des FAMa. Ces attaques ont été menées après le siège de Niero, théâtre de récents combats, après avoir été assiégée par les djihadistes du Front de libération du Macina (FLM) ou Katiba Macina, affilié au JNIM. Pour mémoire, en février dernier, plus d’une quinzaine de chauffeurs de camions-citernes avaient été sommairement exécutés par le JNIM après une attaque contre un convoi de carburant, ce type d’attaque visant à provoquer des pénuries à Bamako et dans les grandes villes du centre, où les FAMa mènent des contre-offensives pour briser l’emprise djihadiste, comme dans la région de Ségou (toujours en février dernier, une trentaine de combattants djihadistes auraient été neutralisés selon les sources officielles). Bref, alors que les FAMa poursuivent leurs efforts pour recouvrir l’intégralité du territoire, avec l’appui de l’Africa Corps, la rébellion touareg menée par le Cadre stratégique permanent pour la défense du peuple de l’Azawad (CSP-DPA) et les groupes djihadistes liés à Al-Qaïda ou à l’État islamique restent très actifs dans le nord et les zones frontalières avec l’Algérie, mais aussi dans le sud et l’ouest du pays.