Concrètement, pour financer la hausse des dépenses militaires, le Conseil fédéral suisse envisage d’appliquer une hausse de 0,8 point de TVA pendant dix ans, à partir de 2028, le taux normal s’élevant ainsi à 9,4 %. « Un tiers de ces recettes seront destinées à cofinancer l’augmentation prévue des dépenses de l’armée à 1 % du produit intérieur brut, ce qui permettra de soulager le reste du budget de la Confédération », a fait valoir le Conseil fédéral. Comme une telle mesure suppose une modification de la Constitution, celle-ci devra faire l’objet d’un référendum où les électeurs auront le dernier mot. Plusieurs partis politiques, de droite comme de gauche, sont opposés à ce projet. Les Pays-Bas entendent aussi prendre des mesures fiscales analogues pour financer la hausse des crédits militaires via la création d’une taxe dite « pour la liberté », prévoyant une hausse des impôts sur le revenu et les sociétés, tout en procédant à des coupes dans les dépenses de santé et de protection sociale. L’objectif est de trouver environ 5 milliards d’euros de plus par an à affecter au budget militaire, celui-ci ayant déjà atteint les 2 % du PIB, contre une moyenne de 1,3 % du PIB entre 2018 et 2021. Pour mémoire, les Pays-Bas ont pris l’engagement de porter les crédits dédiés à la défense à 5 % du PIB d’ici à 2035, conformément aux nouveaux objectifs fixés par l’OTAN.
