Les autorités de Pretoria ont annoncé le retrait de leur contingent d'un peu plus de 700 militaires de la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO).

Officiellement, ce retrait serait dicté par des raisons essentiellement budgétaires, a déclaré le président sud-africain Cyril Ramaphosa, cela pour « réorganiser les ressources de l’armée ». En effet, beaucoup pointent du doigt la mauvaise santé financière et la gestion de la South African National Defence Force (SANDF), une institution sous-financée qui ne serait donc plus capable d’assurer des missions à l’étranger. Les difficultés budgétaires sont illustrées par du matériel vieillissant que l’État peine à améliorer ; certains observateurs parlant même d’une armée au bord de l’effondrement. Par ailleurs, des militaires de la SANDF déployés au sein de la MONUSCO ont dénoncé des problèmes de paiement d’allocations. En fait, le sujet fait très souvent débat en Afrique du Sud, notamment au Parlement, depuis la prise de Goma, en janvier 2025, par le Mouvement du 23 mars (M23). L’année dernière, les appels à rapatrier les soldats sud-africains s’étaient multipliés après la mort de quatorze d’entre eux dans l’est du pays ; les partis d’opposition estimaient que la SANDF n’était pas équipée pour mener une telle mission, ni au sein de la MONUSCO ni de toute autre opération extérieure. En janvier dernier, même le parti Alliance démocratique, qui fait partie du gouvernement d’union nationale, mais qui n’approuve pas la politique militaire du pays, a dénoncé un budget « étranglé », laissant les soldats avec une formation insuffisante et des équipements obsolètes.