Le Minarm a mis en avant les effets bénéfiques de son « pacte drones » à l’occasion de l’exercice Orion 2026, une « excellente occasion d’usage de drones dans une grande ampleur », a expliqué un spécialiste au point presse hebdomadaire du ministère. « Quand on achète un drone à 100 euros, ce n’est pas très cher ; mais en en achetant mille, cela représente un million. En massifiant, on change donc de référentiel entraînant un fort enjeu de coût. Cela, pour des drones très souvent sacrifiés », a résumé le spécialiste. On le sait, sur Orion 26, comme dans les vraies opérations, le drone pouvait effectivement avoir un caractère quasi ou totalement consommable. « Avec un drone protégé à 10/20 000 euros pièce, on aurait dû dépenser 15 à 20 millions d’euros sur “Orion”. On a pris cette contrainte, fin 2024, lors de la première réunion plénière du “pacte drones”. Il avait été lancé par le ministère des Armées en juin 2024 à Eurosatory, par une phase de recueil des industriels qui a duré six mois. Il regroupait 100 participants à la fin 2024 ; aujourd’hui, plus de 170. C’est un forum d’échanges entre l’État, les industriels et les armées ». Pour Orion 26, l’objectif était de « produire 1 000 drones à 1 000 euros en moins d’un an. Doter toutes les unités, les groupes de combat, avec un drone logé dans un sac à dos », poursuit le spécialiste.

Pour le Minarm, il est important de pouvoir « transférer la capacité de production en France ou en Europe ». En février 2025, l’appel à candidatures européennes est lancé avec des clauses précises, ce qui aboutit à 15 candidats. En définitive, c’est le drone Harmattan AI qui a été choisi et la notification de la commande sera émise le 30 juin 2025. D’octobre à décembre 2025, les mille drones seront produits. Une fois les drones vérifiés et leur qualité reconnue, ils sont livrés dans les unités à partir du mois de janvier 2026, tandis que les pilotes sont formés au sein de l’École des drones.

Le « pacte drones » est un vrai révélateur, avec des échanges ouverts avec les industriels. Cette méthode a servi pour le projet de munitions téléopérées à longue portée qui a suivi la même démarche. Cinq autres projets sont gérés par le « pacte drones ». Selon le Minarm : « Nous allons continuer à stimuler la massification et les composants souverains et européens dans le domaine des drones. Adapter et aller vite, donc. »