Avec des accords de défense avec le Koweït, le Qatar et les Émirats arabes unis (EAU), et aussi des liens forts avec l’Arabie saoudite et la Jordanie, il était évident que, dès le début de la guerre avec l’Iran, la France serait impliquée d’abord comme cible, puis comme acteur. Des Rafale et avions-radars E3F, sans doute des ravitailleurs Phénix, sont rapidement partis sur cette zone dans la foulée du déclenchement des hostilités. Des moyens sol-air ont aussi été envoyés aux EAU ainsi qu’à Chypre, seul pays européen ciblé par les Iraniens parce qu’il accueille des éléments alliés (britanniques et français). Des Rafale de l’armée de l’Air ont abattu des drones dès le premier jour, et encore le 4 mars, aux EAU. C’est dans ce pays que la France avait déjà envoyé, dès mars 2022, des missiles sol-air Crotale suite à des tirs iraniens. Des Rafale avaient par la suite intercepté des tirs iraniens (comme dans une autre base au Levant).
Le 1er mars, un hangar de la base navale des Forces françaises aux Émirats arabes unis (FFEAU) a été frappé par un drone suicide iranien, entraînant deux incendies distincts. Aucun marin français n’a été touché, les personnels ayant été mis en sécurité au début de l’alerte. Aucun effecteur ne semble avoir été mis en action pour stopper le drone iranien. Le soir même, le président de la République a affirmé que sa priorité était la sécurité des ressortissants lors du deuxième Conseil de défense en 24 heures, avec, en filigrane, le fait d’honorer les accords de défense avec les pays de la région, comme la Jordanie (il s’était entretenu au téléphone avec le roi de Jordanie le 28 février), le Qatar et les EAU qui hébergent trois bases françaises.
D’une part, l’hypothèse d’une évacuation massive de ressortissants (Resevac) était travaillée par l’armée de l’Air et de l’Espace dès le même jour, avec la perspective de consommer un nombre élevé de Phénix, d’A400M et de C130J. Simultanément, la perspective d’une autre Resevac était discernable au Liban, où la menace du Hezbollah sur la frontière nord d’Israël est patente. D’ailleurs, dès le 1er mars, Israël bombardait des positions du groupe terroriste au Sud-Liban. C’est aussi là qu’opèrent depuis 2006 les troupes de l’opération Daman, dont le mandat doit s’interrompre cette année.
D’autre part, le président de la République décida d’envoyer le groupe aéronaval en le relocalisant de l’Atlantique Nord, où il était positionné pour une série de manœuvres diplomatiques, de soutien export et d’entraînement, à la Méditerranée orientale (Médor). Sa mission : répondre au besoin d’appui durant cette période délicate avec ses avions du groupe aérien embarqué et soutenir les opérations de Resevac ; appuyer la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL II) de la mission Jeanne d’Arc, comprenant le porte-hélicoptères amphibie (PHA) Dixmude et la frégate Aconit, qui semblait mobilisés début mars autour de Chypre, et le PHA Tonnerre et la frégate Courbet en alerte courte pour rejoindre la Médor.
