Cette frégate commissionnée en 2021 venait d’Inde où elle avait participé en février à la parade internationale navale à Visakapatanam (International Fleet Review 2026 – IFR 2026) en Inde à l’invitation de New Dehli.
Il est vraisemblable qu’elle rentrait vers le Golfe persique et que le sous-marin américain a été envoyé à sa rencontre pour la neutraliser.
L’explosion de la torpille Mark 48 – qui se fait en dessous du navire visé pour avoir un effet plus destructeur – a soulevé la poupe du navire qui s’est brisé en son milieu avant de couler rapidement.
La marine et la police sri-lankaises répondant à un appel de détresse lancé à 06 h 00 (heure locale) sont intervenues sur zone. Elle a annoncé avoir repêché 87 corps et secouru 32 survivants. Il y aurait encore 61 disparus.
Le 5 mars, le secrétaire de la Défense Pete Hegseth a déclaré lors d’un point presse : « hier, dans l’océan Indien, un sous-marin américain a coulé un navire de guerre iranien qui se croyait en sécurité en eaux internationales […] Au lieu de cela, il a été coulé par une torpille, une mort silencieuse, le premier navire ennemi coulé par une torpille depuis la Seconde Guerre mondiale. » Cette déclaration est fausse sur le plan historique (voir paragraphe suivant.)
Lors du même point de presse, le général Dan « Razin » Caine, chef d’état-major des armées américaines, a précisé que l’attaque avait été menée par un sous-marin d’attaque non spécifié, à l’aide d’une seule torpille Mk 48.
Les frégates iraniennes de classe Moudge, dérivées de la classe Alvand, figurent parmi les bâtiments de combat de surface les plus modernes et la Marine iranienne « classique » (Niru-Daryai.) Elles ne sont pas servies par des pasdarans mais par des professionnels et des hommes du contingent.
Les responsables américains ont déjà souligné que la destruction totale de la marine iranienne était un objectif central de l’opération « Epic Fury »(1) dont les actions s’étendent désormais au-delà du Moyen-Orient.
D’autres navires iraniens ont également été ciblés dans les ports lors de frappes américaines menées dans le cadre de l’opération « Epic Fury. »
Historique
Le 14 août 1945, jour où le président Harry S. Truman a annoncé la capitulation sans conditions du Japon, deux sous-marins américains ont coulé trois navires de guerre japonais. Bien que les dates exactes ne soient pas précisées, le CD-13 est généralement considéré comme le dernier navire de guerre japonais coulé pendant la Seconde Guerre mondiale par un sous-marin américain.
Mais d’autres marines ont mené des actions similaires depuis.
En 1971, durant la guerre indo-pakistanaise, la frégate indienne INS Khukri fut coulée par le sous-marin pakistanais PNS Hangor.
Le 2 mai 1982, le croiseur argentin ARA General Belgrano a été torpillé et coulé par le sous-marin d’attaque nucléaire britannique HMS Conqueror, entraînant la mort de plus de 300 membres d’équipage.
Le 26 mars 2010, le Cheonan, une corvette sud-coréenne de classe Pohang, a coulé dans la mer Jaune au large de la côte ouest du pays, tuant 46 des 104 membres du personnel à bord. La Corée du Sud et les États-Unis ont conclu que le navire avait été coulé par une torpille à tête chercheuse nord-coréenne tirée par un sous-marin de poche. La Corée du Nord a nié toute responsabilité.
a/s polémique
Une polémique est en train de surgir concernant la légalité cette attaque alors que les États-Unis n’ont pas déclaré la guerre officiellement à l’Iran.
La dernière fois que cela a eu lieu est le 8 décembre 1941 lorsque le président Roosevelt a demandé au Congrès de déclarer la guerre à l’Empire du Japon. Le Sénat et la Chambre des représentants s’y sont conformés contre Tokyo d’abord, puis dans un second temps, contre Berlin.
Depuis cette date, le Congrès américain n’a plus jamais déclaré officiellement la guerre. Certes, il a parfois eu son mot à dire en validant des «AUMF» («autorisations d’utiliser la force militaire») pour la guerre du Golfe, pour l’Afghanistan ou encore pour l’Irak.
Mais les présidents les ont ensuite utilisées souvent bien au-delà de leur champ d’action initial pour mener des campagnes de bombardements en Libye, en Syrie ou encore en Somalie.
Pour l’Iran, le président Trump a ordonné : « des opérations de combat majeures. »
