L’État islamique (EI) a revendiqué une attaque perpétrée dans la nuit du 28 au 29 janvier contre l’aéroport international Diori-Hamani de Niamey, capitale du Niger. Les assaillants seraient arrivés en moto mais auraient vraisemblablement aussi utilisé des drones car plusieurs toits de hangars ont été impactés.

Selon le ministère de la Défense nationale nigérien, l’attaque contre la base aérienne 101 de l’aéroport international de Niamey qui abrite la flotte de l’armée de l’air nigérienne, le PC de l’Alliance des États du Sahel (AES) qui regroupe le Burkina Faso, le Mali et le Niger, la Mission Italienne Bilatérale de Soutien au Niger (MISIN) forte de 300 hommes, des éléments de l’Africa Corps russe, a été menée par une vingtaine d’assaillants qualifiés de « mercenaires.»
Neuf d’entre eux auraient été tués et onze arrêtés. Un reportage de la télévision d’État RTN a également indiqué qu’un ressortissant français figurait parmi les attaquants tués sans fournir de preuve. Quatre soldats nigériens auraient été grièvement blessés.

Dans cette affaire, des observateurs locaux ont relevé dans des enregistrements vidéo publiés par les attaquants que la majorité d’entre-eux hurlaient en arabe mais certains en haoussa et kanouri, deux langues principalement parlées dans le nord-est du Nigéria.
Leur présence semble indiquer une coopération entre les « provinces » de Daech au Sahel (l’État islamique au Grand Sahara – EIGS -) et en Afrique de l’Ouest (l’État Islamique en Afrique de l’Ouest – ISWAP – Islamic State West Africa Province.)
Cette hypothèse reste toutefois à confirmer mais signifierait une coopération entre plusieurs des sept « provinces » répertoriées de Daech sur le continent africain (voir carte ci-après.)

Le chef de la junte militaire nigérienne, le général Abdourahamane Tchiani, s’est rendu sur place et a salué le « courage » des soldats nigériens et russes qui, grâce à leur « réaction rapide », ont réussi à « vaincre l’ennemi dans les vingt minutes » qui ont suivi les premiers coups de feu.

Il a aussi accusé les présidents français, béninois et ivoirien, respectivement Emmanuel Macron, Patrice Talon et Alassane Ouattara, d’être les « commanditaires » des mercenaires présumés responsables de l’attaque. Il a déclaré : « nous les avons assez entendus aboyer. Qu’ils se préparent maintenant à entendre notre rugissement. »

Selon un communiqué du ministère de la Défense nationale, l’attaque a causé d’importants dégâts matériels aux aéronefs, notamment à deux avions d’Asky et à un avion d’Air Côte d’Ivoire. Un hélicoptère et des drones ont aussi été détruits.

Pour autant, l’agence nationale de l’aviation civile a indiqué dès le lendemain que les opérations aéroportuaires « se poursuivaient normalement.»

Selon des sources journalistiques, l’attaque avait pour objectif une cargaison d’uranium qui se trouvait alors stockée à l’aéroport en attente de trouver un moyen d’acheminement sûr vers la Russie.

Toujours selon ces sources, les autorités de Niamey étaient en état d’alerte maximale depuis deux semaines après avoir reçu des renseignements faisant état d’une attaque imminente d’un commando du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), soupçonné se dissimuler à proximité de l’aéroport.

Pour mémoire, les deux formations salafistes-jihadistes actives sur le continent africain sont le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) affilié à la nébuleuse Al-Qaida et des unités se revendiquant du groupe État Islamique (Daech).
Au Niger, l’État islamique est responsable de nombreuses attaques récentes qui ont fait des dizaines de morts et de blessés mais n’avait pas encore attaqué la capitale. Le groupe jihadiste est soupçonné avoir enlevé le pilote américain Kevin Rideout le 21 octobre 2025, bien qu’il n’ait pas revendiqué officiellement cette action.

L’attaque contre l’aéroport de Niamey est l’une des plus audacieuses menées à ce jour par l’État islamique au Niger. Elle met en lumière l’insécurité croissante dans tout le pays.

Quant aux troupes et instructeurs russes, outre le Niger, ils ont été déployés au Burkina Faso, en Guinée équatoriale, en République centrafricaine et en Libye. Mais tant que le conflit en Ukraine perdure, il sera difficile pour Moscou de les renforcer en hommes et matériels. En l’état, ils sont dans l’incapacité de s’opposer efficacement à la menace salafiste-jihadiste qui grignote peu à peu du terrain en Afrique mais qui n’est pas encore en mesure – faute de moyens suffisants – de renverser les gouvernants en place.