Comme pour les Ukrainiens, les Russes tentent de parer à la menace représentée par les drones, en particulier celle des drones tueurs qui font des ravages dans ses forces.

Source de l’image : Izvestia

Ainsi selon le ministère de la défense russe, des mesures défensives ont été prises.

Elles comprennent en particulier la mise sur pied de groupes de lutte contre les armes aériennes mobiles au sein de plusieurs armées combinées russes, ainsi que dans les forces de défense aérienne et de l’aviation.

Ces nouvelles unités mobiles comprennent un véhicule de type pick-up armé d’une mitrailleuse NSV de 12,7×108 mm (munition différente de celle de l’OTAN : 12,7x99mm), d’une plateforme de camion sur laquelle a été installé un bitube de 23×152 mm ZU-23-2 et un camion équipé d’un générateur de fumigène et d’un équipement de guerre électronique.

La 12,7×108 mm a une portée pratique contre une cible aérienne de 1.500 mètres et le 23×152 mm de 2.500 mètres.

Ces unités visent à offrir une protection peu coûteuse, souple et efficace contre les drones.

À noter que le Zu-23-2 a été adoptés par l’armée soviétique en 1960 et les mitrailleuses NSV en 1970. Ces matériels ont été largement exportés et sont également présents du côté ukrainien.

L’apparition des drones depuis la révolution de 2011 en Syrie (puis les guerres en Libye et entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan) a révolutionné l’art de la guerre. Des matériels peu coûteux et relativement simples d’emploi ont remis en question l’évolution des armements terrestres (et navals) qui allait toujours vers plus de haute technologie étudiée en laboratoire par des ingénieurs en armements inventifs mais ayant un peu perdu les notions du terrain réel.

Cette nouvelle menace a fait ressortir des armements très anciens mais qui présentent un rapport coût/efficacité très raisonnable. Il n’en reste pas moins que leur véritable valeur repose sur la qualité des servants. Une image osée mais parlante lorsque l’on par de tirs sol-air : tout le monde ne peut pas être un champion de balltrap.

Les Russes bricolent également leurs matériels les plus sensibles car les plus ciblés par les drones adverses avec des succès mitigés.

La dernière trouvaille apparue en Ukraine est la modification d’un char de bataille russe devenu une sorte de tortue. Il est recouvert d’une carapace en métal qui vient couvrir l’engin presque dans sa totalité en dehors de son avant et son arrière.

Le défaut de cette nouvelle protection – encore faut-il qu’elle soit réellement efficace – est la perte d’une part importante du champ de vision pour l’équipage et une limitation des angles de tir de ses armements, la tourelle ne pouvant pour ainsi dire plus tourner.

Des images rapprochées de ce char montrent une structure en acier trapézoïdale rudimentaire reposant sur des supports ajoutés.

Le char est équipé d’un socle de déminage, ce qui est peut-être la raison de cette modification car ouvrir une brèche dans une zone minée ralentit considérablement l’engin et en fait une cible facile pour l’adversaire. Il semble que cette protection est réservée à des chars démineurs.

Par ailleurs, il a été constaté de nombreuses évolutions des « cages de protection » dans des configurations de plus en plus complexes et les versions d’ « usine » commencent à apparaitre.

En ce qui concerne la marine, ordre a été donné d’augmenter le nombre d’armements de bord – en particulier les canons-mitrailleurs et les mitrailleuse lourdes – pour que les bâtiments puissent mieux parer les attaques simultanées de drones navals venant de différentes directions.

Publié le

Texte

ALAIN RODIER